Agnès ROBERT

La réussite, la gloire et le succès, passé la cinquantaine...

C'est tout à fait possible !
Éric Dudan le prouve avec son livre 50 ans et après? publié chez Timée-Éditions. L'auteur français dresse le portrait de 50 personnalités qui ont vécu un parcours exceptionnel passé le cap des 50 ans.
On apprend ainsi qu'au moment où le fondateur de McDonald's, Ray Kroc, ouvre son premier resto, il est âgé de 53 ans. Nicolas Hayek lance la fameuse montre Swatch à 58 ans alors que Léonard de Vinci immortalise La Joconde à 54 ans.

"L'âge ne veut rien dire. Le vrai problème, c'est un problème de rythme. Il y a des gens qui s'épanouissent à 20 ou 30 ans. Les Beatles ont changé le monde à 20 ans et Mozart est mort à 36 ans. Mais Matisse a révolutionné la peinture à 83 ans. Il y a des fleurs qui fleurissent en janvier, d'autres en octobre. C'est une question de rythme et c'est ça qu'il faut respecter", explique Éric Dudan, publicitaire français, joint au téléphone à Paris.

"Jeunisme rampant"

Avec ce livre, l'auteur a surtout voulu viser le marché de l'emploi, où la question de l'âge est souvent un tabou dans les villes occidentales. "C'est dur de trouver du travail après 50 ans. On vieillit très vite dans les entreprises alors que la vie s'allonge. On se retrouve à mi-chemin, complètement inutile. Il y a un jeunisme rampant et généralisé", déplore-t-il. Son livre s'érige ainsi contre le culte grandissant de la jeunesse. "Cinquante ans, c'est un âge symbolique où on est considéré comme vieux, mais on n'est pas vieux du tout!" s'exclame Éric Dudan, lui-même âgé de 54 ans, et qui affirme avoir beaucoup plus d'énergie aujourd'hui qu'à 20 ans.

Seconde adolescence

Reprenant Victor Hugo qui parlait d'une adolescence de la vieillesse à 40 ou 50 ans, il soutient que les quinquagénaires vivent une deuxième crise d'adolescence, s'élançant vers une nouvelle vie. Il espère que son bouquin éveillera des consciences et qu'éventuellement, la société changera le regard qu'elle porte sur le troisième âge.

"C'est vrai que lorsque la jeunesse s'en va, c'est toujours un deuil difficile à faire, mais c'est quand même faisable et on peut être heureux. La clé, c'est de vivre l'instant, de ne pas se retourner, de ne pas toujours être dans le passé. Il faut arrêter d'avoir cette obsession de l'âge", poursuit-il.

"Seniors", "aînés", "âge d'or", voilà des termes qu'on utilise régulièrement pour parler des plus âgés. Une réalité qui illustre un déni face au problème de l'âge et de l'image, selon l'auteur. "Le terme vieux est devenu presque une insulte. C'est de la culpabilité. On ne peut pas dire un vieux, alors on dit un senior", dit-il.

Éric Dudan pourrait également faire partie de la liste des personnalités de son oeuvre, car c'est à 54 ans qu'il signe son premier livre.

Catégorie : Société et tendances Sujet(s) uniforme(s) : Littérature et livres Taille : Moyen, 368 mots © 2006 La Presse. Tous droits réservés.
Doc. : news·20060906·LA·0060

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